vendredi 30 janvier 2015

A coup sûr ce qui a été ...

« La Photographie ne dit pas (forcément) ce qui n’est plus, mais seulement et à coup sûr, ce qui a été. Cette subtilité est décisive. Devant une photo, la conscience ne prend pas nécessairement la voie nostalgique du souvenir, mais pour toute photo existant au monde, la voie de la certitude : l’essence de la Photographie est de ratifier ce qu’elle représente (…) Cette certitude, aucun écrit ne peut me la donner (…) le noème du langage est peut-être cette impuissance (…) le langage est, par nature, fictionnel ; pour essayer de rendre le langage infictionnel, il faut un énorme dispositif de mesures : on convoque la logique, ou, à défaut le serment ; mais la photographie, elle, est indifférente à tout relais : elle n’invente pas ; elle est l’authentification même ; les artifices, rares, qu’elle permet, ne sont pas probatoires ; ce sont, au contraire, des trucages : la photographie n’est laborieuse que lorsqu’elle triche (…) sa force est supérieure à tout ce que peut, a pu concevoir l’esprit humain pour nous assurer de la réalité – mais aussi cette réalité n’est qu’une contingence (« ainsi, sans plus ») (…) Toute Photographie est un certificat de présence. Ce certificat est le gène nouveau que son invention a introduit dans la famille des images. »  Roland Barthes, sémiologue et écrivain, La chambre claire
 
 
Photo de Roman Vishniac

mardi 27 janvier 2015

S'émerveiller encore

S’émerveiller comme un enfant et poser des yeux éblouis sur toutes ces choses incroyables qui nous entourent. C’est une manière de jouir de la vie. Mais aussi de résister à la lassitude et la morosité ambiante. Mère de trois enfants, j’ai eu souvent l’occasion d’observer leur  incroyable capacité d’émerveillement. Chez un bébé âgé de quelques mois, on constate que tout le fascine, tout le captive. Tout l’enthousiasme. Son corps entier l’exprime, s’agite, il crie de joie ou de surprise à chaque découverte ou redécouverte. Il cherche à toucher, sentir, saisir, goûter, tester… et semble vivre intensément chaque nouvelle expérience.
En devenant adulte, nous avons bien souvent troqué notre capacité d’émerveillement contre la capacité de comprendre, d’affronter et de maîtriser le monde dans lequel nous avançons. En perdant ainsi de vue sa beauté, son mystère et sa magie.
Le philosophe Bertrand Vergely assure que « l’émerveillement est une faculté poétique qui se décide ». C'est le choix délibéré, conscient et libre de refuser l'aigreur, la dureté et la peur pour aborder le monde avec ouverture et gourmandise.
Il serait donc possible d’échapper, un tant soit peu, à nos urgences et devenir perméable aux beautés imprévisibles qui s’offrent à nous. Pour autant que l'on soit dans ce cheminement, véritable partis pris, dont le premier petit pas serait peut-être celui de l'émerveillement de soi-même...


 
 

samedi 24 janvier 2015

Un mal pour un bien...

La métaphore du papillon : un jour, une ouverture apparut dans un cocon. Un homme s'assit et regarda le papillon naissant se battre pendant des heures pour crever son abri et forcer le petit trou à s'agrandir. Mais bientôt il sembla à l'homme que l'insecte ne progressait plus. Il était allé aussi loin qu'il avait pu mais il ne bougeait plus.
Alors l'homme prit une paire de ciseaux et découpa délicatement le cocon pour aider le papillon à sortir. Celui-ci émergea facilement. Mais il avait un corps chétif et ses ailes froissées étaient atrophiées. 
"Pas grave, il va se développer" se dit l'homme et il continua à regarder le papillon en espérant qu'il déploie ses ailes pour voler. Mais cela n'arriva jamais. Le papillon passa le reste de sa vie à ramper sur son petit corps, incapable d'utiliser ses ailes rabougries.
Ce que l'homme, dans sa bonté précipitée, n'avait pas compris, c'est que le cocon trop serré est une ruse de la Nature pour forcer le papillon à le percer et à entraîner ses ailes... A cette condition seulement, il peut voler.
 
Toute métamorphose, tout changement demande des efforts. La chenille devient chrysalide en se débattant patiemment et vaillamment pour sortir de son cocon.
Ces efforts ont pour contrepartie de nous irriguer de vitalité et de nous apporter souplesse et robustesse.
Lorsqu'on entame un processus de changement, quel qu'il soit, il est intéressant de garder à l'esprit que les difficultés, les moments de doute, d'incertitudes, sont des étapes obligatoires. Des transitions inévitables mais oh combien salutaires.
 
 
 
 

jeudi 22 janvier 2015

L'instant présent...what else !

"Le passé existe seulement dans notre mental et sous la forme que nous choisissons de voir. Ce moment est celui que nous sommes en train de vivre. Ce moment est celui que nous sommes en train de sentir. Ce moment est celui que nous sommes en train d'expérimenter. Ce que nous faisons en ce moment même, c'est construire les fondations de demain. Par conséquent, c'est le moment pour prendre une décision. Nous ne pouvons rien faire avec hier ni avec demain. Nous pouvons juste le faire aujourd'hui. Seul importe ce qu'on choisit de penser, de croire et de dire en ce moment même."
Louise L. Hay - Ecrivaine

 
 

mardi 20 janvier 2015

La liberté contre le destin

"Sartre était tellement fasciné par Freud qu'il a essayé de fonder une forme de psychanalyse concurrente, reposant sur l'idée...que l'inconscient n'existait pas ! Ce que Freud nomme l'inconscient n'est pour Sartre qu'une conscience de mauvaise foi : l'homme ne veut pas voir ce qu'il a refoulé, mais qu'il a bien dû voir au moment de le refouler - sinon, il n'y aurait pas eu refoulement. Nul inconscient profond chez Sartre, ni de libido exprimant l'intensité de l'énergie associée aux pulsions refoulées, juste une zone de la conscience que l'homme ne veut pas voir, incapable de cette honnêteté vis à vis de lui-même. L'inconscient ainsi redéfini, et donc nié, ne peut en conséquence déterminer l'homme à être ce qu'il est : l'homme n'est plus déterminé par son passé ; il est libre de s'inventer à chaque instant. Comment refonder la psychanalyse si l'on pense que l'individu n'est pas le produit de son passé ? En proposant, comme Sartre, d'allonger les individus pour leur permettre d'entendre, non pas leur passé...mais leur avenir ! De trouver un projet capable de redonner du sens à leur vie, de rendre leur passé supportable, voire d'en faire une force. Pour Sartre, le passé n'existe pas : il n'a aucune réalité objective. Il se donne à nous en fonction de la manière dont nous nous projetons dans l'avenir.
Vous avez le vertige, une peur phobique des balcons trop élevés ? Inutile d'aller chercher dans votre enfance l'introuvable clé de l'énigme. C'est l'avenir qui vous angoisse, l'avenir tout proche : de ce balcon , vous pourriez vous jeter dans le vide. Finalement c'est votre liberté qui vous angoisse, cette liberté qui peut être "monstrueuse", l'angoisse devenant le symptôme de cette douloureuse prise de conscience de votre liberté. Pour en sortir, il s'agissait chez Freud de saisir la manière dont nous sommes pris dans le destin, Sartre nous propose d'assumer pleinement cette liberté qui est aussi l'origine de nos angoisses.
Toujours la même histoire : la liberté contre le destin. On imagine très bien le dialogue entre les deux. Freud : "Ainsi, vous proposez simplement de guérir les hommes en leur donnant un projet ?" Sartre "Et bien oui, c'est toujours mieux que de leur donner un destin !".
C'est probablement Freud qui a raison. Mais Sartre plaît beaucoup plus aux partisans de thérapies brèves et de coachs pressés, par temps de crise, de changer les obstacles en opportunités."
Charles Pépin, philosophe
 
 

mercredi 14 janvier 2015

Libérer la pensée

"L'Art transforme la pensée en rendant chacun conscient de son pouvoir créateur et permet de renouer avec l'exigence subjective universelle d'être et de s'affirmer par et pour soi-même, d'inscrire son être propre dans le monde naturel et humain, ce que ne permet ni la science ni la technique, ni le travail, rivés à l'universel abstrait ; l'art nous procure la joie de produire et de ressentir ce qui est le plus intime : l'amour de la vie et de sa mouvance inventive, le sens de l'universelle originalité du désir vécu de la liberté concrète. Ainsi, l'art défonctionnalise la vie et nous met en demeure de la changer pour en faire une source inépuisable de création et d'échanges sensuels, affectifs et intellectuels non utilitaires avec les autres et la nature. Ainsi, les corps symboliques que crée l'artiste nous rappelle à la richesse de notre expérience la plus profonde : celle de notre sensibilité à la recherche infinie des significations les plus contradictoires de notre expérience intime, car c'est par cette recherche que ces contradictions adviennent au sens, c'est à dire à l'unité interrogative de la conscience de soi. En cela le plaisir esthétique est de reconnaissance ; encore faut-il pour l'éprouver ne pas avoir perdu le goût de la liberté, ce que la réalité triviale de la vie sociale s'emploie à faire tous les jours."
Sylvain Reboul - Enseignant en philosophie
 
 

samedi 10 janvier 2015

Vie intérieure

"J'ai tendance à penser que la vie extérieure n'est qu'un reflet de la vie intérieure. La vie naît dans l'obscurité, tout comme la lumière jaillit de la nuit. Les gens font l'amour dans l'ombre. Le fœtus grandit dans les profondeurs du ventre. La plante pousse sous terre. Tout nait d'une forme non visible. La vie intérieure est invisible.
Je la divise en deux. D'un côté il y a ma structure interne, la construction mentale qui fait que j'existe. C'est primordial et primitif : j'ai été stupéfait de découvrir que sous hypnose, tous mes souvenirs revenaient, de façon incroyablement précise et vivante - mémorisés depuis ma prime enfance !
Mais il y a une autre vie intérieure, essentielle pour moi. C'est une ouverture sur une dimension qui m'échappe, sur un inconnu dont j'ignore la nature mais dont dépendent les idées, la création, l'art, la musique, la poésie et une infinité de possibles. Pour y accéder, j'ai besoin de me mettre sur une certaine fréquence, d'élever mon niveau d'énergie. J'ai des trucs simples pour y parvenir. En tant que musicien, je vois la vie comme des flux vibratoires dont le niveau et la qualité changent, par exemple en fonction de l'endroit où je me trouve. Face à la mer, je ne ressens pas la même vibration que dans le métro... Il faut se mettre dans une attitude d'abandon, accepter d'être tout petit face à quelque chose de bien plus grand que soi. (...)
Pour trouver de nouvelles musiques, j'accompagne au piano, en improvisation, une amie qui danse merveilleusement bien. Elle a tant d'énergie que, pour la suivre, je suis dans un état second. Ce qui est intéressant dans la vie intérieure, c'est justement de sortir de la normalité. C'est aussi pourquoi c'est à peu près intransmissible. Pourtant, on sent tout de suite quand quelqu'un a une vie intérieure forte. Il n'a pas besoin de parler, tout ce qu'il fait rayonne d'une qualité qui nous nourrit. De quoi s'agit-il ? Sans doute de présence, tout simplement."
Arthur H, auteur-compositeur-interprète
 
 

mardi 6 janvier 2015

C'est une folie ...

C'est une folie d'haïr toutes les roses, 
Parce que une épine vous a piqué,
 
D'abandonner tous les rêves,
Parce que l'un d'entre eux ne s'est pas réalisé,
 
De renoncer à toutes les tentatives
parce qu'une a échoué.
 
C 'est une folie de condamner toutes les amitiés
Parce qu'une vous a trahi,
 
De ne croire plus en l'amour juste
Parce qu'un d'entre eux a été infidèle,
 
De jeter toutes les chances d'être heureux juste
Parce que quelque chose n'est pas allé dans la bonne direction.
 
Il y aura toujours une autre occasion,
un autre ami, un autre amour, une force nouvelle.
 
Pour chaque fin il y a toujours un nouveau départ.
(Extrait du Petit Prince d'Antoine de St Exupéry)
 

jeudi 1 janvier 2015

Rester soi et s'adapter ... paradoxe ?

"Si la plupart des philosophes, thérapeutes ou guides spirituels nous encouragent à nous adapter au monde tel qu'il est (ou est en train de devenir), d'autres se méfient de cette tendance, avec un argument plutôt imparable : "les gens bien adaptés à un monde malade ne nous indiquent pas forcément la voie à suivre". Au nom d'une humanité libre et créative, ces contestataires nous invitent à prendre nos distances vis à vis de l'adaptation automatique au "meilleur des mondes" que voudrait nous imposer l'idéologie dominante. Après tout, depuis Darwin, les paléontologues n'ont-ils pas établi que, chaque fois qu'une grande mutation s'est produite dans l'évolution des espèces, la nouveauté était venue d'un petit groupe marginal dont l'inadaptation à l'ancien contexte s'était avérée "miraculeusement" adaptée au nouveau ? Qui peut se targuer de savoir quelle humanité sera adaptée au monde du XXIIème siècle ?
Parmi les méfiants, le philosophe Denis Marquet : "Le concept d'adaptation, très à la mode aujourd'hui, sent trop le conditionnement et les mobiles simples - la survie, le profit, la séduction. Il s'agit, au fond, à travers des pseudo-changements, de rester le même. Alors que la véritable création survient quand je me laisse surprendre et me découvre autre. A la notion d'adaptation, je préfère celle d'ajustement créateur. La différence ? La même qu'entre l'intégration et l'intégrité de soi. Souvent, celui qui s'adapte s'intègre à des valeurs qui ne lui correspondent pas. Il se nie. Inversement, certains, au nom de leur intégrité, renoncent au monde, dans un refus tout aussi contestable. L'important est de ne plus lutter contre le réel pour rester identique, mais de se laisser transformer par lui en permanence, d'entrer dans une relation vivante et imprévisible avec le monde. "
François L'Yvonnet, professeur de philosophie  
 
 

mercredi 31 décembre 2014

De l'utiité du beau

"Le beau est souvent considéré comme un luxe, c'est à dire comme quelque chose qui n'est pas indispensable à l'être humain. Mais le beau lui est très utile et même tout spécialement ici-bas sur terre. En effet, s'il est vrai qu'un esprit qui évolue est de plus en plus sensible au beau, le contraire est aussi juste : le fait de cultiver le beau dans tous les domaines de notre vie - dans notre manière de nous tenir, de parler, de nous habiller, de décorer notre intérieur, etc. - aide l'esprit dans son ascension spirituelle, favorise son développement. C'est un aspect souvent oublié de la spiritualité : la recherche et l'accomplissement du beau favorise notre maturation spirituelle." Christopher Vasey Naturopathe et conférencier
 
 
 

Cultiver son optimisme

En 2007, des neuroscientifiques new-yorkais ont mené une étude prouvant qu'il existe dans le cerveau une zone de l'optimisme que l'on peut muscler. Elle se situe dans le mésencéphale, juste derrière les yeux, et s'active sous l'influence de nos pensées positives et de nos projections agréables sur l'avenir. Pour la développer : apprendre à remplacer immédiatement chaque idée négative par une affirmation positive. En piégeant ces pensées négatives dés qu'elles surgissent, on les empêche de se développer au profit de l'affirmation positive qui va renforcer l'estime de soi et créer, avec la pratique systématique et quotidienne, de nouvelles connexions neuronales.
 

mardi 30 décembre 2014

Points faibles...nouvelle lecture


« Dans l’affrontement, il n’y a aucune intelligence, aucune sagesse, il n’y a que souffrance donc résistances. Combattre les points faibles ne favorise pas un état d’esprit propice au changement, alors qu’exploiter les talents qu’ils abritent développe la confiance en soi, accroît l’élan et le désir d’évoluer. » Françoise KOURILSKY Docteur en psychologie et reconnue pour son approche de la conduite du changement et du coaching.
 

dimanche 28 décembre 2014

N'être rien que ce que l'on fait ...

"Mais pourquoi faudrait-il nécessairement ''se trouver'' ? C'est la question que soulève le sociologue François de Singly lorsqu'il explique que cette expression ''se trouver'' est une modalité de l'impératif social ''deviens toi-même'' ou ''sois toi-même''. Cela renvoie à une conception de l'individu laissant entendre qu'il suffirait d'aller chercher au fond de soi pour y trouver un noyau dur et figé, avant de pouvoir remonter à la surface et annoncer : "ça y est, je me suis trouvé !". Une conception qui a largement dominé dans notre culture occidentale depuis Socrate jusqu'à la psychanalyse. Or, à côté, il en existe une autre, qui consiste à voir l'individu comme un être en devenir constant. Sans ''moi caché'', il se réinvente au fil de ses expériences. ''Faire et en faisant se faire et n'être rien que ce qu'on fait'' écrivait Jean Paul Sartre. C'est ce que ce sociologue appelle ''la logique du chemin'' contre celle de ''l'arrêt sur image'': l'individu contemporain ne veut plus ''se trouver'' une fois pour toutes, mais se chercher en faisant route." Extrait d'Anne Laure Gannac A la recherche de soi
 
 
 
 
 

vendredi 26 décembre 2014

Faire le point ...pour mieux rebondir ?

Savoir reconnaître nos réalisations permet d'évoluer.  
Voici une trame de réflexion élaborée par Anna Piot (coach et psychothérapeute) pour vous aider à prendre conscience de vos diverses actions.
Préparez votre boisson préférée, installez-vous dans un endroit cosy, avec une lumière douce et aucune autre distraction que cette rencontre avec vous et ce qui a balisé votre année 2014.
Ne tentez pas de répondre « bien » mais « juste », au plus près de ce qui vous vient spontanément et de ce que vous ressentez, la fantaisie est autorisée tant qu'elle s'appuie sur la réalité, c'est elle qui vous permet d'aller un pas plus loin !


• Quel a été l'évènement significatif de chaque mois de l'année ?
• Quels ont été vos moments d'audace… quand êtes-vous sortis de votre zone de confort (peu importe le résultat, ce qui compte c'est que vous ayez expérimenté quelque chose de nouveau)
• Qui sont les  personnes et rencontres qui ont marqué votre année… comment ont-elles fait écho en vous ?
• Quelles ont été vos  découvertes gustatives ? (chez vous, au restau, chez des amis…élaborées ou non,   ce qui compte c'est le souvenir que vous en avez)
• Quelles permissions vous êtes-vous donné ?
• Quelles ont été vos lectures préférées de l'année ? (livres, articles, blogs…)
• Vos images, paysages… qu'est-ce qui a, un instant, attrapé votre regard au point que vous vous en souvenez encore ?
• Votre innovation physique… épreuve sportive, couleur inédite, rupture avec votre pèse-personne ?
• Vos musiques ou sons, coups de coeur… la musique nourrit l'âme, de quoi la vôtre s'est-elle régalée ?
• Vos déceptions ou désillusions… quel enseignement en tirez-vous ?
• Vos prises de conscience… petites ou grandes ?

• Enfin en une phrase (attention deux à trois lignes maxi), comment pouvez-vous décrire votre année ?
Après avoir rédigé vos réponses, prenez le temps de les relire lentement, voire de vous les dire et de sentir ce qui se passe en vous… quelle est l'énergie présente et vers quoi vous donne-t-elle envie d'aller ?


 

jeudi 25 décembre 2014

L'essentiel ...

"J'étais arrivé à l'âge où on se demande ce qu'on a fait de sa vie, ce qu'on aurait voulu en faire. J'avais l'impression de n'avoir pas vécu ma vie, de l'avoir toujours observée à distance, de n'avoir développé qu'un seul côté de moi-même et d'être pauvre en tant que personne. (...) Je me suis demandé quel était l'inessentiel auquel je devais renoncer pour me concentrer sur l'essentiel. (...) Je me souviens d'avoir écrit à E. qu'en fin de compte une seule chose m'était essentielle : être avec toi. Je ne peux m'imaginer continuant à écrire si tu n'es plus. Tu es l'essentiel sans lequel tout le reste, si important qu'il me paraisse tant que tu es là, perd son sens et son importance.(...) Je n'ai sûrement pas été à la hauteur de la résolution prise il y a trente ans : de vivre de plain-pied dans le présent, attentif avant tout à la richesse qu'est notre vie commune. (...) Tu viens d'avoir quatre-vingt-deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi une nouvelle fois et je porte de nouveau en moi ce vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien. (...) Nous aimerions chacun ne pas avoir à survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous voudrions la passer ensemble."
André Gorz Ecrivain et philosophe - Lettre à D. Histoire d'un amour
 

mardi 23 décembre 2014

Histoire de l'homme tombé dans un trou


Un homme tomba dans un trou et se fit mal.

Un cartésien se pencha et dit : « Vous n'êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou ».

Un spiritualiste le vit et dit : « Vous avez dû commettre quelque péché ».

Un scientifique calcula la profondeur du trou.

Un journaliste l'interviewa sur ses douleurs.

Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».

Un médecin lui lança deux comprimés d'aspirine.

Une infirmière s'assit sur le bord et pleura avec lui.

Un thérapeute l'incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans ce trou.

Une pratiquante de la pensée positive l'exhorta : « Quand on veut, on peut ! »

Un optimiste lui dit : « Vous auriez pu vous casser une jambe ».

Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d'empirer ! »

Puis un enfant passa et lui tendit la main pour l'aider à sortir... 
 
 
 
  

dimanche 14 décembre 2014

Voyage voyage...

"Le seul, l'unique, le vrai voyage, c'est de changer de regard" Marcel Proust écrivain
 
 

dimanche 23 novembre 2014

Changement et pensée créative

"L'expert en créativité Roger Von Oech nous met en garde : "Ne restez pas assis sur le meilleur de vous-même". La créativité se caractérise par le fait de passer d'un vieux cadre de référence à un nouveau ; elle repose essentiellement sur une manière originale d'appréhender la réalité.
La pensée créative consiste moins à déceler les mauvaises solutions qu'à mettre en lumière les énoncés qui rendent insolubles les problèmes et à identifier les questions qui mènent à des impasses. Détecter les mauvaises questions est une attitude fertile pour innover et changer. Le créatif est subversif parce qu'il commence par désorganiser pour réorganiser ; ce mode de pensée combine et exploite les compétences complémentaires de nos deux cerveaux. Pour provoquer le changement chez l'autre, il est nécessaire de mettre en sourdine les limitations du cerveau gauche pour favoriser l'émergence du potentiel créatif du cerveau droit : un dialogue bien mené est plus qu'un échange de connaissance, il est créateur et produit une connaissance, et c'est pourquoi nous avons tant besoin du dialogue pour inventer et changer. " Françoise Kourilsky Docteur en psychologie
 
 

dimanche 9 novembre 2014

Faire des infidélités à sa zone de confort

"Contrôler...mais quoi ? Ce n'est pas la vie que nous devons apprendre à contrôler, c'est la conscience de nous-mêmes et de notre monde intérieur. La performance passera alors par l'expérience de nous sentir exister dans l'instant présent. A condition d'accepter le risque de sortir de notre zone de confort. Mais avons-nous vraiment envie de nous libérer des certitudes et autres automatismes que nous avons développés jusqu'ici pour nous protéger?" Bertrand Piccard, psychiatre et explorateur
 

samedi 25 octobre 2014

Servir la vie plutôt que d'en jouir

"Parfois je pense à cette petite fille qui jouait à la marelle sur le parvis de la cathédrale d'Autun où des hommes s'apprêtaient à porter le cercueil de son père. J'aime les deux, le mort parce qu'il touche au ciel, et la petite fille parce que sa gaité apaise Dieu et colore de rouge les joues de la vie. Les deux atteignent sans le savoir, et précisément parce qu'ils ne le savent pas, un sommet de lumière. Leur ignorance est un soleil que rien n'épuise. ''Profiter de la vie'', ''jouir de la vie'' sont des mots d'ordre qui claquent dans l'air du monde moderne.
Lorsque je vois ici et là des visages plein d'huile et de santé féroce, je pense à l'enfant et au mort. Plutôt que ''jouir'' de la vie, il semble plus juste de la servir. Et comme on ne sait pas ce qu'est la vie, la servir ne peut être qu'accueillir cette ignorance divine au fond de notre cœur : jouer à la marelle ou bien mourir quand c'est l'heure pour l'une ou l'autre de ces activités. Sans effroi, plutôt avec douceur.
Entre ces deux portes éblouies, celle de l'enfant, celle du mort, nous pouvons toujours éclairer du papier blanc avec quelques mots, rouvrir un visage par un geste charitable ou encore rallumer la lumière dans un cœur comme une bête qu'on sort d'un piège : de ce que nous délivrons nous arrive en retour une lumière qui est la fleur de la vie, sa saveur longue et pure.
Et n'oublions pas, insomniaques passagers du train des étoiles, de saluer et d'aimer le vin, la chair, les roses et aussi les livres - ces anges dont le souvenir illumine le parvis d'une cathédrale à l'heure obscure."